LA FORGE MAFA

Gǝzla est le nom de la forge en mafa. C’est une petite case situé à l’écart et à proximité de la concession familiale. Le gǝzla est l’atelier du forgeron où on transforme le fer, fabrique des outils agricoles, culturelles, musicales, . . .

La forge mafa est de forme circulaire avec un rayon plus ou moins égal à 2 m. Faite uniquement de pierres, le mur est surmonté d’un toit coiffé de paille. À l’i’térieur, il y a le foyer de la forge ou huɗ gǝzla qui demeure la structure principale de la forge. Le huɗ gǝzla, construit aussi de pierres jointes par une légère couche d’argile, il est surmonté d’un toit : le toit du foyer ou peleɗ qui est une pierre plate. Autour du foyer, on distingue un autre dispositif : c’est le dispositif d’éventail permettant d’activer le feu du foyer. Ce dispositif est formé de deux pots en argile surmontés chacun de la peau d’animal. Une grosse pierre ou kwa ńtsíy zʉyda situé juste á l’entrée avec à côté, intérieurement, un abreuvoir de pierre taillée rempli d’eau. Enfin, des sièges pour les forgerons et les visiteurs constituent l’essentiel des composants du gǝzla.

Le travail nécessite trois personnes au moins :

Le forgeron principal

Le forgeron principal s’asseoit entre le foyer de ka forge et l’entrée. Dos au mur, côté gauche tourné vers le foyer, la plus grosse pierre de la forge est placée juste devant lui. Il régule le feu du foyer. Il ajoute du charbon ou váng, dépose le fer ou zʉyda à travailler à l’aide d’une pince ou magats. D’autres instruments comme : le marteau ou mas interviennent au moment où le fer est déjà chaud. Le forgeron principal tient et change ainsi la position du fer à l’aide du magats, en appréciant avec rigueur, au mm près, la forme qu’on souhaite lui donner.

Forgeron assistant

En face du forgeron principal, se trouve le second forgeron, qui l’assiste : c’est ke forgeron assistant. C’est lui qui tient le mas  et donne de nombreux coups au fer posé sur la grosse pierre, tout en suivant les consignes du forgeron principal. Il doit être expérimenté mais surtout fort.

Chargé d’éventer

Aux commandes du dispositif d’éventail, se trouve la troisième personne. Par un mouvement alterné des mains sur les peaux ou kéléléh, il renvoie de nombreuses bouffées d’air dans le foyer. L’air ainsi produit à ce niveau, traversent deux types de tuyaux avant d’activer le charbon dans le foyer. Les deux premiers tuyères appelés zhérék, collectent l’air produit dans les deux pots et débouchent dans un tuyau, unique et plus gros que les précédents. Ce tuyau appelé sotokw achemine ainsi l’air dans le foyer. Le rythme adopté par la personne qui évente est tiré des sons et rythmes des mafa (hudokw, zovaɗ, maray, …). Quelque fois un joueur de harpe à cinq cordes l’y accompagne.

Laisser un commentaire